A coups de communications dont on tire faussement un succès (Rapport Villani 2018), les acteurs français restent fragiles, inféodés et financés par l’étranger dans le secteur de l’Intelligence Artificielle (IA), gangréné par des pressions à adhérer aux services des GAMAM. Qu’il s’agisse d’hébergement ou de marketing digital, des partenariats ou contractualisations sont rendus obligatoires pour diffuser ses offres par leur suprématie commerciale aux travers de leurs portails sur lesquels on se doit de figurer pour exister mondialement.
L’IA est donc un secteur difficile pour trouver sa place à l’internationale et à protéger des convoitises: Mistral AI devrait résister à tout partenariat ou prise d’intérêt qui ruineraient l’espoir d’avoir, enfin, un champion français de façon durable.
Outre la cybersécurité et la robotique, il y a bien un secteur d’avenir et tout à fait protégeable, encore du domaine de la recherche-développement, celui de l‘informatique quantique, notre pays y étant très actif et encore autonome.
Le restera-t-il face à la doxa européiste de l’innovation et de l’hégémonie commerciale américaine qui ne rencontre pas de véritable résistance européenne justement au travers des différentes règlementations fédérales.
Notre tissu bicentenaire d’excellence universitaire et des grandes écoles a fait naître de jeunes pousses issues de la recherche fondamentale et dans la course contre les géants du numérique.
Qui sont ces acteurs français de ce nouvel eldorado à notre portée ?
Des sociétés comme Quandela , Pasqal, Quobly, C12 ou Alice & Bob et bon nombre d’émanations de nos grands organismes nationaux.
Mais la situation reste bien frêle et le schéma d’absorption bien rôdé.
Cette mi-mars, Pasqal annonce un partenariat avec Microsoft pour exposer sa technologie sur son Cloud.
Alice & Bob lève 100 millions d’euros en janvier 2025 auprès de Future French Champions, joint-venture de Bpifrance et du fonds d’investissement souverain du Qatar. Une illustration dans la même veine que les annonces du Sommet pour l’action sur l’IA, des 10 et 11 février dernier et du partenariat franco-émirati du 6 février.
Alors que « deux docteurs français sur dix travaillent à l’étranger trois ans après leur thèse » révélait Le Monde en mars 2024, et si les chiffres de l’OCDE sont catastrophiques pour l’éducation nationale (classements PISA mais aussi TIMSS), il reste pourtant à protéger un mode bien français d’excellence mathématiques, nécessaire aux sciences théoriques, d’une approche d’enseignement différente, non anglo-saxonne, un paradigme français important et fondamental à conserver.
Là réside la vraie souveraineté française : la prise de conscience de ce fait culturel et historique élitiste doublé d’un caractère patriote qui devrait être protecteur (brevets).
L’Informatique quantique est de ces technologies fondamentales et « socle » qui nécessite de concevoir des systèmes inexistants permettant de ne dépendre d’aucune licence et brevet, de contrats léonins.
La Collectivité européenne d’Alsace cède bien à ce diktat de l’obligation de coopération fédérale avec le Centre Européen de Sciences Quantiques (CESQ) qui, avec notre CNRS, va mutualiser des projets avec des équipes extranationales, « transnationales » comme il le présente institutionnellement.
Au pays des bisounours, patriotisme économique et élitiste scientifique sont absents et même méphitiques pour beaucoup d’acteurs.
Le commerce est une bataille qui ne doit pas reposer sur la soumission et le gré-à-gré.